Règles abondantes : briser un tabou qui dure depuis trop longtemps
Il y a des sujets dont on ne parle pas, même entre femmes. Les règles abondantes en font partie. On les vit en silence, on s’arrange, on minimise, et surtout on suppose que c’est « comme ça ». Pourtant, derrière ce silence se cache une réalité massive : deux femmes sur trois sont concernées par un flux abondant à un moment de leur vie ⁽¹⁾. Autrement dit, dans chaque cercle d’amies, de collègues, de famille, il y a forcément quelqu’un que le sujet touche directement.
Le tabou a un prix
Le tabou a un prix. Tant qu’on considère qu’un flux très important est normal, on ne cherche pas à comprendre, on ne consulte pas, et on continue à organiser sa vie autour de ses règles. Changer de protection toutes les heures, superposer serviette et tampon, se lever la nuit, renoncer à une sortie ou à une activité, vivre avec une fatigue qu’on n’explique pas… Tout cela finit par sembler banal, alors que rien n’oblige à le supporter.
L’âge moyen du diagnostic des règles abondantes est par conséquent tardif, et le délai entre les premiers signes et la première demande d’aide se compte souvent en années ⁽³⁾.
Une fatigue qu’on attribue parfois à tort à autre chose
Les pertes de sang répétées épuisent les réserves de fer, ce qui peut provoquer une anémie : essoufflement, vertiges, difficultés de concentration ⁽²⁾. Beaucoup de femmes vivent avec ces symptômes pendant des années sans faire le lien avec leurs règles.
Pourquoi un tel retard ?
Parce qu’on a longtemps appris aux femmes à ne pas se plaindre, à considérer la douleur et l’inconfort menstruels comme une affaire privée. Briser ce tabou, c’est d’abord nommer les choses : poser des mots sur des symptômes, partager des expériences, comprendre qu’on n’est pas seule. C’est exactement la démarche que porte What The Flux, un espace dédié à l’information sur les règles abondantes, pensé pour aider chacune à comprendre son flux, repérer les signaux et trouver des solutions.
Des réponses existent
Car la bonne nouvelle, c’est qu’il existe des réponses. Des solutions médicales, hormonales ou non sont proposées. Rien de tout cela n’est accessible tant qu’on reste dans le non-dit. Le simple fait de parler de l’abondance de son flux à une amie, à un pharmacien, à un médecin, fait basculer la situation d’une fatalité subie vers un problème qu’on peut prendre en charge.
Parler des règles abondantes n’est pas une question de confort, c’est une question de santé et de qualité de vie. Plus on en parle, plus on libère la parole de celles qui n’osaient pas. Le tabou ne disparaîtra pas d’un coup, mais chaque conversation, chaque article, chaque témoignage le fissure un peu. Et c’est déjà beaucoup.
Sources :
⁽¹⁾ Enquête RED par Ipsos BVA – Les règles abondantes, un phénomène massif, encore invisibilisé
⁽²⁾ Anémie par carence en fer. (s. d.). Ameli. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/anemie-par-carence-en-fer
⁽³⁾ Da Silva Filho, A. L., Caetano, C., Lahav, A., Grandi, G., & Lamaita, R. M. (2021). The difficult journey to treatment for women suffering from heavy menstrual bleeding: a multi-national survey. The European Journal of Contraception & Reproductive Health Care, 26(5), 390–398
Pour celles qui choisissent une protection réutilisable au quotidien, il peut aussi être utile de savoir comment laver et entretenir votre culotte menstruelle correctement, afin de préserver son efficacité et son confort.

